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Témoin

Article paru dans Croire & Servir de juin 2005

La foi chrétienne ne repose pas sur un simple choix personnel, mais s’ancre dans un témoignage rendu à des faits.
Par Thierry Huser

Lorsque Jésus a quitté la terre, il n'y a pas laissé des adeptes, mais des témoins. L'adepte donne son adhésion à une personne ou à un enseignement. Pour justifier ce choix, il avance « sa » conviction, personnelle ou intellectuelle. Le témoin est, lui aussi, convaincu. Mais sa conviction n'est pas le fruit d'un simple choix. Elle se fonde sur ce qu'il a vu ou entendu. Ce fondement, auquel il « rend » témoignage, ne dépend pas de lui.

« Dieu a ressuscité Jésus d'entre les morts, nous en sommes témoins ! » (1) Comme une traînée de poudre, la nouvelle se répand à Jérusalem peu après la mort de Jésus. Incroyable nouvelle, inconcevable pour ses proches, anéantis de douleur et de désillusion, irrecevable pour ses ennemis. Mais les faits s'avèrent bien vite indiscutables, pour la joie et l'assurance des uns, la confusion et l'hostilité des autres. C'est ainsi que le premier message chrétien n'est pas une doctrine, mais une « nouvelle » (2), une joyeuse proclamation : Dieu est intervenu dans l'histoire des hommes ! Il y réalise son projet de salut, annoncé par les prophètes, et mis en œuvre au temps choisi. Les apôtres, « témoins oculaires dès le commencement » (3), sont les porteurs de ce magnifique message. Ce témoignage concerne Jésus. Les apôtres ne témoignent pas de leur propre joie, pourtant réelle et perceptible, ni des changements intervenus dans leur vie. C'est l'histoire de Jésus qu'ils racontent. Car elle seule témoigne de l'action de Dieu.

Jésus est, en effet, le Témoin véritable. Selon ses propres paroles, il est « venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité » (4). Ses œuvres et toute sa vie disent la puissance de Dieu, sa bonté pour chacun, sa volonté de se faire connaître à nous (5). Formidable témoignage, où la « vérité » n'est autre que celle d'un Dieu qui s'engage envers nous ! Jésus en sera le témoin fidèle jusqu'à la mort. Plus encore, jusqu'à ta victoire sur la mort ! (6)

Être témoin du Christ c'est, aujourd'hui encore, rappeler cette histoire, son histoire. Elle possède sa propre puissance, sa propre capacité à interpeller. Être témoin du Christ, c'est avoir confiance en cette bonne nouvelle unique et fondatrice. Pour l'honorer, le témoin se devra de vivre ce qu'il annonce. C'est à lui, le premier, de faire la preuve d'un véritable ancrage en Dieu et d'un attachement sérieux et conséquent à Jésus, le Témoin fidèle. Il est utile de rappeler que le mot « témoin », dans le Nouveau Testament, peut aller jusqu'à signifier « martyr ».

Il y a donc place pour une pleine conviction. Mais elle ne sera convaincante que là où elle est incarnée, de manière conséquente. Et la conviction qui jaillit de l'Évangile est paisible et sereine. Car le témoin du Christ est, en tout premier, au bénéfice d'un formidable ancrage... celui que lui apporte l'Évangile auquel, toujours, il ne pourra que « rendre » témoignage.

 

1. Actes 3. 15
2. C'est le sens du mot « Évangile ».
3. Luc 1.2
3. Jean 18..37
5. Jean 5.36-37
6. Apocalypse 1.5