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II. Plaidoyer pour une laïcité ouverte au nom de la paix civile

(2006)

A. L’espace public dans une société plurielle 

« La séparation rendue étanche entre l'espace public et le religieux conduit à une désaffection des deux côtés. Et ceci au nom de la laïcité ! Or une politique qui serait privée d'une dimension d'espérance, de partage, se transformerait vite en une administration des choses, en un contrat utilitaire entre des intérêts bien compris. » Olivier Abel, philosophe.

• Le dialogue interreligieux et l'Etat laïque par Gérard Siegwalt, Information-Evangélisation n°2, mai 2005  

• Laïcité, islam et espace public par Lahouari Addi : « Le malentendu le plus courant provient de ce que certaines personnes pensent que la religion, relevant de la vie privée, ne doit pas se montrer dans l'espace public. (…) définition erronée de l'espace public perçu comme une juxtaposition étanche de l'espace privé, lui-même confondu avec l'espace domestique ou celui de l'intimité. Or l'espace public n'est pas un lieu physique; il est d'abord un cadre de vie citoyen, lié à un concept politico-juridique : la sphère privée fondée sur la conscience individuelle », 2001

La foi, affaire privée, affaire publique par le théologien Jean Tartier 

Espace public, espace privé : pour le théologien et philosophe jésuite Paul Valadier, « La distinction entre espace public et espace privé est une base essentielle, fondatrice de nos systèmes démocratiques libéraux ». Paul Valadier la considère comme actuellement remise en cause et revisite cet antagonisme Public/Privé sous l’éclairage du christianisme des origines pour poser finalement la question : Quelle morale pour vivre ensemble aujourd’hui ?, 1997.

• En écho au texte de Paul Valadier :

- Une morale peut en cacher une autre : entretien avec Jean Baubérot, en 1997, lors de la publication de son livre La morale laïque contre l'ordre moral (Seuil).

- Notre introduction aux 11 dossiers Protestants en débats pour 2007 : EGLISE ET POLITIQUE : quatre points de vue, quatre sensibilités protestantes.

- Assemblée du Désert 2006 : Pierre Bayle : la tolérance et la liberté de conscience. Prédication : Elian Cuvillier ; Allocutions : Hubert Bost, Philippe de Robert, Vincens Hubac 

Etat, culture et laïcité. Analyse de l'évolution française par le théologien Roger Mehl : l’Etat, la Nation, la Culture … et la Laïcité : « (…) la nation (…), à la différence d'une famille, d'une classe sociale, etc. manque d'homogénéité. Il n'est pas de nation qui, de par son histoire, ne soit pas le résultat d'une sorte de melting-pot de groupes ethniques, raciaux, linguistiques régionaux, religieux. (…). La fusion des diverses cultures présentes dans les frontières d'une même nation n'est jamais totale et elle ne peut l'être car ces cultures plongent leurs racines dans des origines différentes », 1992 

B. Citoyens et croyants ! 

Croire en situation de minorité protestante. Les protestants évangéliques français par Sébastien Fath, sociologue (Revue Réformée, n° 239, Septembre 2006) 

• En mai 2005, le thème de discussion du synode national de l’Eglise réformée de France était « Confesser Jésus-Christ dans une société laïque, Qu’est-ce qui fait autorité dans notre vie » ; Ce thème, introduit par le pasteur Marcel Manoël, a aboutit à la décision synodale Une autorité qui rend libre 

Déclaration faite par l'Alliance Evangélique Française à propos des chrétiens, des religions et de la société 

Vivre sa religion en minoritaire (pdf): le témoignage du pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la Fédération protestante de France, dans la Lettre de la rue St Guillaume, Sciences Po, Paris.  

Laïcité sans idéologie ? Le théologien Jean Ansaldi plaide pour une solidarité critique du chrétien vis-à-vis de laïcité.  

La Laïcité, par l'Eglise catholique en France : toutes les déclarations sur le site de la Conférence des Évêques de France 

C. La laïcité ne saurait réduire la foi à une « offre privée » 

« On ne peut, au nom de la laïcité, accuser d'intolérance toute expression d'une conviction. Au contraire, l'expression publique des convictions, y compris éthiques et spirituelles, constitue un élément vital du débat démocratique pour une société en quête de sens. La laïcité ne saurait donc mettre les croyants en congé de l'histoire ». (Michel Bertrand)

La place des religions dans une société laïque 
Les religions ont une « nécessaire dimension sociale », qu’elles exercent notamment à travers leurs œuvres et associations caritatives. Ces dernières réalisent d’ailleurs un travail considérable pour « raccommoder un tissus social perforé » (cf. notre Dossier Crise sociale). Mais les protestants français plaident avec force pour que les religions ne soient pas cantonnées à leur rôle diaconal mais puissent aussi exercer, selon les termes du théologien Michel Bertrand, leurs tâches pédagogiques, éthiques, citoyennes et spirituelles : 

Les préalables d'un vivre ensemble : Rôle de la religion. Intervention du pasteur Marcel Manoël, président du Conseil national de l’Eglise réformée de France, à la rencontre annuelle des Musulmans de France, UOIF, Le Bourget, 6 mai 2006 

Entre Communautarisme et citoyenneté : un cri du cœur du pasteur Leila Hamrat qui a exercé son ministère à Londres 

Quelle parole publique pour les Eglises ? par Jean-Arnold de Clermont, président de la Fédération protestante de France 

• Les protestants défendent le droit à une expression sociale des religions 

Les religions comme acteurs publics par Dr. William F. Vendley, Secrétaire générale international de la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix, juillet 1999

• Le théologien Jean-François Collange, membre du conseil national de la Fédération protestante de France, analyse la tension qui s’opère aujourd’hui entre « Universalité et respect des différences » ; il prône contre les replis identitaires qui traversent notre société, une laïcité ouverte, qui n’interdit pas le témoignage, lequel n’est ni dénigrement, ni violence faite à l’autre (Livre Blanc de la commision d’éthique de la FPF, 1998). 

Retour vers le futur ou les leçons de l’Edit de Nantes : 

- Allocution à la séance solennelle de commémoration du quatrième centenaire de l'Edit de Nantes de Michel Bertrand, alors président de l’Eglise réformée de France, février 1998

- Le politique et le religieux par le philosophe Olivier Abel : « La France est marquée d'une manière irrémédiable par ses guerres de Religion. (…) La mémoire collective est ainsi faite que se reproduisent au fil des âges des clivages semblés disparus. (…) ce vieux texte destiné à résoudre un problème daté dépasse largement le cadre circonstancié dans lequel il est né. (…) les guerres de Religion sont prêtes à éclater à tout instant (…).